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Les toiles de Pako pour préserver de la culture ce que l’histoire risque d’oublier


Batcha Online explore les merveilles de l’art africaine à travers un de ses très illustres, l’artiste peintre, Pako.

Basé aujourd’hui à Yaoundé, l’artiste peintre plus connu sous le nom de Pako, conçoit depuis 30 ans une œuvre picturale remarquable, subtile mélange d’abstraction, d’expressionnisme, et de style personnel. Inspiré d’une culture africaine, particulièrement caractérisée par les spiritualismes Sawa et Batcha, tous deux basées de l’influence aquatique, et du paysage pittoresque que regorge son village ancestral, ses œuvres mettent régulièrement en scène les motifs tels que la nature, les chevaux, la musique, et la femme.

Au cours d’un entretien exclusif accordé à l’équipe de Batcha Online, Pako nous invite dans son studio à T-Bella où il nous permet de constituer une mini exposition virtuelle pour nos lecteurs. C’est à son atelier du quartier Nylon de Bastos que nous nous asseyons avec l’artiste peintre et d’où il retrace pour vous, lecteurs, quelques-unes des étapes de son remarquable parcours d’artiste. C’est de là qu’il confie également ses positions sur l’art en général, nous présente son actualité pour l’avenir, et nous révèle son plus grand rêve en tant qu’artiste peintre camerounais. Vivez l’intégralité de notre entretien.

La source de ma première inspiration c’est la rivière du Fibi de Batcha

Batcha Online : Voulez-vous vous présenter pour les lecteurs de Batcha Online ?

Pako : Je m’appelle Tianze Tchebanguep Justin dit Ta’a Fouo Youmouo. Mon nom d’artiste est Pako. Je suis né le 20 Janvier 1964 à Douala. Je suis marié et père de 03 enfants. Je suis de profession artiste peintre.

Batcha Online: Parlez-nous de votre nom d’artiste Pako. Pourquoi vous appelle-t-on ainsi ?

Pako: Oui Pako vient du nom Batcha “pak ko’h” qui veut dire le coq rouge de la bassecour, qui chez nous à Batcha est le symbole d’une très grande offrande. Ca symbolise également les tableaux que je réalise. Je donne le meilleur de moi pour les réaliser.

Batcha Online : Depuis combien d’années faite-vous la peinture?

Pako: Je fais de la peinture depuis 1982. Lorsque le président de la république Paul Biya entre en fonction, j’étais déjà à l’atelier Emile Desbois de Douala ou je prenais des cours par correspondance à l’école A, B, C de Paris. Malheureusement, je ne suis pas allé jusqu’au bout faute de moyens.

Batcha Online : Comment avez-vous commencez ? Qu’est-ce-qui vous a inspire? Qu’est-ce qui vous a poussé à peindre votre premier tableau?

Pako: Je dirai que c’est un don de Dieu. Je dessine depuis le primaire à l’Ecole Primaire de Batcha. La source de ma première inspiration c’est la rivière du Fibi de Batcha. Je m’inspire de la nature. Je commence comme paysagiste. Comme vous le saviez Batcha regorge un paysage naturel de rêve. C’est après que j’entre aussi dans l’authenticité africaine.

« Je préserve par là ce que l’histoire risque d’oublier. »

Batcha Online : Que peignez-vous ? Les gens, la nature, les animaux?

Pako : Je fais de l’art naïf, abstrait cubique, sablé étalé sur la toile tendu sur du châssis. La technique à l’aide du sable teinté et des corris de mer me révèle l’histoire cachée de l’authenticité africaine.

Batcha Online : Qu’est-ce qui inspire votre peinture maintenant?

Pako : Le spiritualisme Sawa qui se base sur les traditions Godo ma permit, avec la culture de chez nous (Batcha) dont les deux forces protectrices se trouvent dans les rivières, de constituer la base culturelle de mon art. C’est de la que, en utilisant mon statut d’artiste, je puise toute mon inspiration. Je préserve par là ce que l’histoire risque d’oublier. »
Batcha Online : Faite-vous de la peinture sur toile? Si oui sur quoi d’autre pouvez-vous peindre?

Pako : Oui je fais de la peinture sur la toile. Je peins aussi sur des murs, des plafonds et du bois.

Batcha online : Parmi vos expositions, pouvez-vous nous dire quelle a été celle qui vous a le plus marqué ?
Pako : Mon exposition qui m’a le plus marqué est ma toute première exposition en 1993 à la galerie estuaire de Douala organisé par les coopérants français.

Batcha online : A quelles autres expositions avez-vous participé?
Pako : Oui j’ai exposé au centre culturel américain à Yaoundé, à la galerie Moyo de Yaoundé, l’université de Yaoundé, au ministère de la culture, au centre pilote de linguistique, lors de la fête de la jeunesse gabonaise à Libreville etc…

Le point essentiel d’un tableau c’est l’histoire qu’il raconte et l’appréciation dépend de la sensibilité de tout un chacun.

Batcha online : Qui sont vos plus gros clients ?
Pako : Ils sont surtout les européens mais nos frères africains commencent à s’y intéresser.

Batcha online : Vivez-vous exclusivement de la vente de votre peinture ?
Pako : Sincèrement je ne vis que de la peinture. C’est avec ça que j’assure l’éducation, la santé et le bien être de ma famille. Si quelqu’un m’arrache mon pinceau, je retournerai à Batcha car je ne sais rien faire d’autre que la peinture.

Batcha online : Combien coute environ un de vos tableaux ?
Pako : le prix dépend du style (sablé, naïf et à huile), de la grandeur, et du motif. Sinon les plus couteux sont des tableaux abstraits et les moins couteux les tableaux naïfs.

Batcha online : Quels sont les points essentiels d’un bon tableau ? Comment apprécier un beau tableau ?
Pako : Le point essentiel d’un tableau c’est l’histoire qu’il raconte et l’appréciation dépend de la sensibilité de tout un chacun.

Mon plus grand rêve est de former des jeunes afin de transmettre mon expérience à ceux qui s’intéressent à la peinture.

Batcha online : A part le Fibi, qu’avez-vous déjà peint d’autre sur Batcha ?
Pako : Batcha est une de mes plus grandes sources d’inspiration comme je l’ai dit précédemment. J’ai peint le Fibi, les cases de bororo, le mont et j’en passe.

Batcha online : Quels sont les peintres qui vous influencent ?
Pako : Les peintres qui m’influencent sont : Isidor Zogo le camerounais, Nsibandonki Kapessa de le RDC et le français Matisse (Henri-Émile-Benoît Matisse) qui est en quelque sorte mon idole.

Batcha online : Quels sont les difficultés que vous rencontrez dans votre travail d’artiste ?
Pako : Le manque de moyens financiers pour pouvoir organiser des expositions et le manque du matériel de bonne qualité (toile, peinture et bien d’autres).

Batcha online : Quel est votre plus grand rêve en tant qu’artiste peintre camerounais ?
Pako : Mon plus grand rêve est de former des jeunes afin de transmettre mon expérience à ceux qui s’intéressent à la peinture.

Batcha online : Quel conseil donnez-vous aux jeunes qui veulent faire carrière dans la peinture ?
Pako : Oui, je leur dirai que la peinture c’est un travail de patience ; quoi que vous fassiez, faites le bien.

L’exode rural est un fléau qui mine notre village.

Batcha online : Quels sont les hommes ou femmes Batcha qui vous ont marqués ou continuent de vous marquer de par leurs œuvres ?
Pako : Pour les femmes, Mme Chuipa Suzane qui a été tour à tour présidente des femmes Batcha de Yaoundé, qui a montré sa détermination pour l’évolution de la communauté Batcha de Yaoundé après la crise.
Les hommes, Feu Mekep Sop Njui Malandjou Kondjo Norbert grâce à qui un nombre important de Batcha a intégré la fonction publique, et qui a aussi œuvré pour la construction de l’école publique, le foyer et la chefferie Batcha. Djana Takeudo, Sop Souffouo Tchoquessi Edouard dit Makombé et Mekep Nana qui agissent de façon désintéressé.

Batcha Online : Pour finir, en tant que fils Batcha, quel est le domaine de développement social qui vous interpelle le plus à Batcha. Comment comptez-vous contribuer à son amélioration ?
Pako : Déjà l’exode rural est un fléau qui mine notre village. Je pense qu’en contribuant à la culture du piment à Batcha, cela pourra diminuer le taux d’exode. Je parle du piment puisque la terre de Batcha est très fertile et la culture du piment est l’une des cultures dans laquelle les jeunes Batcha s’investissent. Si possible, créer des ONG pour encourager l’artisanat à Batcha et l’agriculture.

Batcha online : En tenant compte de la diaspora Batcha et ses partenaires qui vous lirons sur notre site internet, dites-nous un petit mot pour la fin ; tout ce que vous pensez que nous n’avons pas pu aborder.

Pako : Je commence par encourager l’initiative que vous avez prise, je crois qu’à partir de notre site internet les Batcha pourrons s’éduquer, s’informer, s’unir, et se rattacher à la culture. Je salue également toute la diaspora Batcha.

Batcha Online – Contribution: Carlos Nkodjo et Géraldine Njonkou.

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